28/03/2013

Le thérapeute psychomotricien - Qui est-ce? Qui suis-je?

524181_423183414374180_880107655_a.jpg"Qui est-ce? Qui suis-je?

Le thérapeute psycho-corporel, thérapeute en psychomotricité, est un professionnel de l'humain en relation. L'action de celui-ci se caractérise par la qualité de son être face à tout individu placé devant lui dans un contexte thérapeutique quelle que soit la demande.


Comment se déroule une thérapie?

 

Il va agir par son être tout en privilégiant l'écoute de l'expression d'autrui. Il va matérialiser, par ce qu'il renvoit en tant que médium malléable, une base neutre, ou plutôt tendant vers la neutralité, sur laquelle l'individu peut s'appuyer pour évoluer dans sa recherche d'évolution personnelle.

 

Autrement dit, libéré de toute démarche évaluative, de toute attitude moralisatrice, le professionnel va accueillir l'autre et lui permettre de se regarder tel qu'il est dans son être sans avoir à paraître. Parfois en simple miroir, parfois en explorateur des réactions du patient, le thérapeute va évoluer au gré de la demande, des objectifs et des hypothèses qui vont jalonner son parcours.

 

Ceci dit, si le professionnel tend vers la neutralité, il s’implique quand même dans la relation, accompagné de la personne qu’il est. Il est évidement impossible de s’en détacher. C'est pourquoi il a du expérimenter ses propres réactions lors de ses formations et redécouvrir une base solide.

En effet, par le simple fait d’être lui même, et d'en être conscient, le thérapeute renvoit des informations précieuses, il peut "parler" à la personne dans son véritable être.

 

Quelle que soient l'orientation empruntée et la vitesse de parcours concrétisée, son intervention ne peut dépendre que du patient et de son désir d'avancer ainsi que de son énergie constructive. Le thérapeute aura, de ce fait, un rôle secondaire à jouer et c’est en retrait, dans une attitude relevant parfois de la passivité aux yeux d’un observateur non initié, qu’il pourra utiliser ses connaissances et surtout sa capacité à établir des pistes d’observation tout en utilisant des outils corporels aiguisés pour amorcer ou accompagner un processus de guérison.

 

Les différents outils à la disposition du professionnel sont ceux qu'il a pu acquérir pendant sa formation et qu'il pourra glisser dans les séances ainsi que les outils que le patient amènera personnellement au fil des rencontres.

 

Cependant, au delà de tout ça, l’outil principal restera le patient lui-même, son corps, ses ressentis et le contexte dans lequel la relation thérapeutique aura lieu.

 

Encore une fois, le professionnel est et restera dépendant de l’énergie et de l’élan vers la vie que possède naturellement l’individu. Ce qui signifie qu’il aura à suivre cette énergie ou à la susciter dans le cas où celle-ci semblerait absente ou dissimulée derrière une tendance négative ou un blocage particulier.

 

Les situations où le patient ne semble pas prêt à avancer existent. Il est possible que cela ne soit pas le lieu, le moment ou la personne adéquat(e). Cela remet en avant l’idée que le patient reste bien évidement l’acteur principal de son évolution personnelle.

 

Attention, chaque situation ne présente pas une possibilité de guérison évidente mais plutôt de réadaptation. Dans certains cas, le handicap de la personne nous incitera à définir des objectifs de stimulation du quotidien afin d’améliorer éventuellement le confort physique et mental de cette personne sans pour autant permettre d’avoir un impact plus important sur les changements tant souhaités par l’entourage ou par la personne elle même.

Le thérapeute ne peut pas toujours permettre au patient de retrouver un état antérieur mais il pourra parfois l’accompagner dans le deuil de cet état, au-delà de l’adaptation que le patient devra concevoir.

Une notion est encore à maîtriser lorsque l’on étudie la thérapie corporelle. Il s’agit de l’impact de la famille et de l’entourage sur l’individu, de l’influence au travers de l’héritage génétique mais aussi éducatif et social. Un individu est « un », mais aussi « somme de tous ces autres » qui l’entourent ou l’ont entouré.

Le thérapeute doit prendre cette idée en compte et éventuellement permettre au patient de dégager ce qui l’enrichit de ce qui le freine dans son épanouissement personnel. Apprendre à trouver ses repères, valoriser la confiance en soi, l’estime de soi, sont des attitudes thérapeutiques visant à toucher l’individu dans son être face au monde.

Maintenant, les séances peuvent également avoir pour objectif de rééquilibrer le positionnement au sein d'un duo (mère-enfant, père-enfant ou couple) ou d'une cellule familiale.

En effet, certaines situations émotionnellement fortes (en lien avec la maladie, un accident de la vie, une modification des liens) peuvent entrainer des perturbations, des difficultés d'expression ou d'acceptation. Les séances peuvent dans ce cas utiliser les émotions et la matière dans le but de solidifier les bases.

 

Enfin, le thérapeute travaille rarement seul. Au delà des informations reçues par le patient lui-même, par sa famille, il collaborera souvent avec des professionnels dont la spécialité complètera ou précèdera celle du thérapeute psychomotricien. S’il a la prétention de penser qu’il pourra arriver seul à un résultat, dans bien des cas, il se trompera et dans bien des cas, il prendra des risques pour le patient. Connaître ses limites personnelles et les limites de la profession me parait indispensable.

 

Ceci correspond à un portrait du thérapeute en psychomotricité tel que je le vois aujourd’hui, sans avoir la prétention de dire que j’ai été exhaustive dans mes propos. J’ai envie de dire que chaque vérité, n’est vérité pure qu’à l’instant où elle est pensée et sentie. C’est après cette vérité personnelle aussi modestement éphémère que je peux me tourner vers la construction et l'évolution de mon projet professionnel...

Et m'en remettre à vos critiques constructives et suggestions ;)

 

Laetitia Langlois"

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